Publié le 21/09/2020 à 08:20 / Isabelle Doucet

Essai

Luc Veyron a emprunté le semoir de la Cuma de Pied Mont pour implanter ses couverts végétaux.

Luc Veyron (au centre), lors de la démonstration du semoir de la Cuma du Pied Mont à Varacieux.

« Je recherchais un semoir de ce type depuis presque un an », explique Luc Veyron, agriculteur à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs (26 ha de grandes cultures, 9 ha de maraîchage).

Mais où trouver un semoir à disques qui ne travaille que la ligne de semis en semis direct ? C'est au débotté qu'il apprend la démonstration du semoir de la Cuma du Pied Mont, un engin qu'il avait repéré chez le concessionnaire quelques mois auparavant. « C'est vraiment un système simplifié », déclare l'agriculteur qui, bien que ne faisant pas partie de la Cuma, a pu utiliser le semoir.

Avec tracteur et chauffeur

« Il s'agit d'un contrat de prestation, au bout de deux utilisations, la Cuma demande une adhésion. » Luc Veyron ajoute : « L'avantage, c'est que le semoir arrive avec le tracteur et le chauffeur qui va avec. »

Il souligne que l'équipement a été complété par une barre de guidage GPS. « Le chauffeur peut voir ce qu'il a fait dans la parcelle. L'écran change de couleur au fur et à mesure que la partie est semée. Sinon, sur des chaumes il est impossible de repérer la ligne semée. »

Un couvert multi-espèces

L'engin a permis de semer 27 ha de couverts végétaux : 17 ha après un blé et 8 ha après un colza sur d'anciennes terres à pommes de terre.

D'une rencontre organisée par la chambre d'agriculture au Mottier sur le thème des couverts, Luc Veyron avait retenu que la condition pour semer dans le sec est de semer profond et qu'il convient aussi de multiplier les espèces « pour laisser la porte ouverte à la chance ».

Son couvert est donc composé d'une douzaine d'espèces dont « des fonds de tiroir » : sur une base avoine diploïde-vesce de printemps-phacélie, rehaussée d'un mélange de moutarde d'Abyssinie et de trèfle Alexandrie, d'un mélange de sorgho et de tournesol, ainsi qu'un reste de graines sorgho du Soudan, de seigle forestier et d'un mélange sarrasin-radis chinois-phacélie. « C'est un mélange complexe. Nous avons pris le temps de la préparation avant de semer la première graine. »

L'agriculteur est satisfait de ce premier test. « La Cuma m'a apporté une solution, que je recherchais par ailleurs. »

Semer dans le dur

Il décrit les conditions de semis : « Le gars connaît son semoir. Il a fait des essais pour régler sa profondeur, sans graines. Puis a ajouté des masses à ma demande. On sème vraiment dans du dur. Avec une pluie 48h avant pas de souci. Dans l'idéal il faudrait semer 48h après la moisson. »

Le couvert a été semé une semaine après la récolte à raison de 28 kg/ha. Cette interculture n'entrera pas dans les surfaces éligibles en tant que SIE car la date de sa destruction, prévue à la mi-octobre pour implanter une culture d'hiver, sera trop précoce.
« Cette année, je le fais pour moi, déclare encore l'agriculteur qui souhaite produire le maximum de matière pour les cultures. »
Il est certain qu'il renouvellera l'expérience en achetant ses semences à l'avance. Le plus compliqué dans cet essai, conclut-il, c'est qu'il faut vider le semoir jusqu'au bout.

Isabelle Doucet

 

A lire aussi : le semoir en a sous le disque (cliquer ici)

Mots clés : CUMA SAINT-ETIENNE-DE-SAINT-GEOIRS SEMOIR SEMIS DIRECT
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